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Berlinale, decrescendo

Il y a tous ces films qu’on aurait voulu voir, et il y a tous ceux qu’on n’avait pas prévu de voir. Il y a ceux dont on se dit qu’ils passeront forcément par la France et qu’on se fera un plaisir de retrouver en salle, en se rappelant l’effervescence de la Potsdamer Platz.

Et puis il y a ceux qu’on regrette pour de vrai. Pour moi, il s’agit de Traumfabrik Kabul. Son réalisateur, Sebastian Heidinger, est aussi celui de « Drifter », « notre » gagnant de la Perspektive deutsches Kino en 2008. Un très beau docu de fin d’études sur les ados camés de la Bahnhof Zoo à Berlin. Sans commentaires, avec de magnifiques plans de Berlin, on suivait ces jeunes dans leur journée, à la recherche d’argent, de logement, de survie.

Un film dur mais vraiment très réussi. Seulement, difficile de vendre « Drifter » comme « Prinzessinenbad », gagnant de 2007, qui racontait l’été de trois petites nanas de Kreuzberg. Là, le sujet dérange, effraie, bref, n’est pas très vendeur. Après la Berlinale de 2008, je n’ai plus eu de nouvelles du film.

Et puis surprise la semaine dernière, en consultant le programme: Sebastian Heidinger revient à la Berlinale avec un nouveau film. Un documentaire, Traumfabrik Kabul donc, sur une réalisatrice afghane. La Perspektive est loin, cette fois le film est présenté dans la section Forum et les premiers échos que j’en ai eu sont très positifs. Je suis vraiment triste de ne pas avoir pu le voir, car je doute qu’il arrive un jour en France (ou alors via Arte?). Mais l’idée que notre petit prix ait pu l’aider même de façon infime à voir le jour, me réjouit pour de vrai.

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Berlinââle, comme disent les snobs

Autant vous prévenir, bientôt je vais vous embêter avec la Berlinale. Ceux qui me connaissent ont déjà entendu mille fois cette histoire et lèvent déjà les yeux au ciel intérieurement… Alors je ferai court.

Il y a au festival de Berlin une section appelée « Perspektive deutsches Kino », consacrée aux jeunes talents du cinéma allemand. Les réalisateurs sont généralement fraîchement diplômés de leur école de cinéma. Les films sont inégaux, mais attachants. Et depuis quelques années, c’est une bande de jeunes français et allemands, recrutés sur concours par l’Ofaj et TV5 Monde, qui désignent le vainqueur et lui remettent le prix « Dialogue en perspective ».

Il y a trois ans, j’ai eu la chance de faire partie de cette bande de jeunes. Quand je dis la chance, c’est parce que c’était une expérience assez folle. Pendant dix jours, le quotidien consiste à voir des films, à en parler, et à donner quelques interviews. J’ai connu plus pénible.

Dix jours durant, ce fut une véritable boulimie cinématographique. Pour nous, jeunes insolents, les places de la Perspektive étaient réservées. Pour les autres films, quelques minuscules formalités dont la simplicité nous laissait ébahis. Roulez, jeunesse! J’ai du voir entre 30 et 40 films en dix jours, des bons et des franchement mauvais. Pourtant, la crainte de m’endormir pendant la première projo de 9h ne s’est jamais concrétisée.

Au terme de ces dix jours assez incroyables, il a fallu quitter Berlin et les autres jurés, pour retrouver son quotidien. Le mien consistait à l’époque à éveiller un quelconque intérêt pour la France et le français dans l’esprit brumeux de boutonneux teutons, bien trop occupés à jouer avec leurs hormones. Et malgré les exclamations pleines d’enthousiasme de ma tutrice – « Oh mais Ariane, tu as là un curieux bracelet autour du poignet! Mais d’où vient-il donc? » – mon récit du festival les a autant passionnés que si je leur avais lu l’annuaire.

Malgré tout ces dix jours restent un grand souvenir. Si grand, que je reprends bientôt la route du festival. Avec une accréditation un peu moins magique cette fois, mais avec l’excitation de voir la ville qui ne vit que pour le cinéma, pendant quelques jours.

Des nouvelles bientôt, ici et sur d’autres supports.