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Berlinale, épisode 2-3.

Comme d’habitude, peu de temps. Peu de temps pour manger, dormir, bloguer. Rien n’a changé, la Berlinale reste une course contre la montre, mais c’est si bon.

Je ne m’attarderai pas (tout de suite) sur Pina, le film de Wim Wenders en 3D sur la chorégraphe allemande, car tout le monde va le faire à ma place. En résumé, c’est époustouflant, poétique, bouleversant. Quelle claque!

Sinon, dans la masse de films, j’ai remarqué le cas intéressant de « Alemanya, willkommen in Deutschland », petite comédie gentillette sur l’histoire de l’arrivée d’une famille turque en Allemagne. S’il fallait emprunter des raccourcis sans en avoir honte, je dirais que c’est un mélange de Bienvenue chez les ch’tis et Le nom des gens. C’est bourré de clichés sur les allemands et les turcs, mais c’est assumé, et on rit (un peu). Quelques scènes sont réjouissantes, comme ce grand-père turc qui rêve qu’on l’oblige à manger des patates et regarder Tatort toute sa vie maintenant qu’il a un passeport allemand… La salle, pliée de rire, a applaudi. En soi, le film n’a rien de génial, mais en plein débat sur l’immigration et l’intégration en Allemagne, il tombe à pic pour faire un pied de nez à Sarrazin et à son livre polémique. Mon petit doigt me dit qu’il va faire un tabac ici.

Enfin la grande invitée de cette Berlinale, c’est définitivement la 3D. Que ce soit dans le dernier film animé de Michel Ocelot (Les contes de la nuit, en compétition) ou dans un docu de Werner Herzog ou de Wenders, elle est présente là où on ne l’attendait pas. Arrivée dans un monde où on la pensait réservée aux blockbusters, on découvre en fait qu’elle peut s’avérer indispensable pour filmer la danse et faire passer l’émotion – dans le cas de Pina, ou qu’elle a toujours été présente dans la création, comme dans le film de Michel Ocelot.

Bref, plein de choses intéressantes ici. Je continue la course en allant rencontrer le jury 2011 de la Perspektive deutsches Kino pour les dix ans de la section. Avant de courir pour attraper le prochain film…

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Berlinââle, comme disent les snobs

Autant vous prévenir, bientôt je vais vous embêter avec la Berlinale. Ceux qui me connaissent ont déjà entendu mille fois cette histoire et lèvent déjà les yeux au ciel intérieurement… Alors je ferai court.

Il y a au festival de Berlin une section appelée « Perspektive deutsches Kino », consacrée aux jeunes talents du cinéma allemand. Les réalisateurs sont généralement fraîchement diplômés de leur école de cinéma. Les films sont inégaux, mais attachants. Et depuis quelques années, c’est une bande de jeunes français et allemands, recrutés sur concours par l’Ofaj et TV5 Monde, qui désignent le vainqueur et lui remettent le prix « Dialogue en perspective ».

Il y a trois ans, j’ai eu la chance de faire partie de cette bande de jeunes. Quand je dis la chance, c’est parce que c’était une expérience assez folle. Pendant dix jours, le quotidien consiste à voir des films, à en parler, et à donner quelques interviews. J’ai connu plus pénible.

Dix jours durant, ce fut une véritable boulimie cinématographique. Pour nous, jeunes insolents, les places de la Perspektive étaient réservées. Pour les autres films, quelques minuscules formalités dont la simplicité nous laissait ébahis. Roulez, jeunesse! J’ai du voir entre 30 et 40 films en dix jours, des bons et des franchement mauvais. Pourtant, la crainte de m’endormir pendant la première projo de 9h ne s’est jamais concrétisée.

Au terme de ces dix jours assez incroyables, il a fallu quitter Berlin et les autres jurés, pour retrouver son quotidien. Le mien consistait à l’époque à éveiller un quelconque intérêt pour la France et le français dans l’esprit brumeux de boutonneux teutons, bien trop occupés à jouer avec leurs hormones. Et malgré les exclamations pleines d’enthousiasme de ma tutrice – « Oh mais Ariane, tu as là un curieux bracelet autour du poignet! Mais d’où vient-il donc? » – mon récit du festival les a autant passionnés que si je leur avais lu l’annuaire.

Malgré tout ces dix jours restent un grand souvenir. Si grand, que je reprends bientôt la route du festival. Avec une accréditation un peu moins magique cette fois, mais avec l’excitation de voir la ville qui ne vit que pour le cinéma, pendant quelques jours.

Des nouvelles bientôt, ici et sur d’autres supports.