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A propos du « nouveau » cinéma allemand

Des choses à voir, à lire, à écouter sur le sujet:

– « Good-Bye Fassbinder! », de Pierre Gras chez Jacqueline Chambon.  Un livre vraiment intéressant qui retrace le parcours du cinéma allemand de ces vingt dernières années, et évoque notamment le débat autour de la nouvelle vague.

– L’émission « La Grande Table » de France Culture, qui s’est rendue à Berlin pendant la Berlinale et en a profité pour inviter Ulrich Köhler, Romuald Karmakar et Christoph Hochhäusler. Réécoutable et podcastable sur le site.

– L’Institut Goethe organise pendant quelques mois un cycle-carte blanche à « Revolver« , revue de cinéma fondée par les cinéastes Christoph Hochhäusler et Benjamin Heisenberg. L’occasion de voir des films jamais distribués en France.

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Berlinale, épisode 1.

Une semaine berlinoise, donc. Qui commence, avant de se jeter sur les films, par revoir les amis, baver devant leurs appart’ « typisch Berlin » et profiter un peu de la ville. Ca tombe bien, il fait un temps magnifique et les terrasses de la Bergmannstr. n’attendent que nous…

Mais plus sérieusement, on est quand même pas v’nus pour beurrer les sandwiches, comme disait l’autre. Le marathon cinématographique commence donc cet après-midi, avec Las malas intenciones, Margin Call et Life in a day. Pas du tout les films que j’avais prévu de voir, mais avec mon accréditation, je prends ce qu’il y a – et c’est très bien comme ça. Finalement, les gros films dont tout le monde parle passeront tous un jour où l’autre en France, alors autant découvrir les plus discrets ou les plus petits qui ne seront peut-être jamais distribués ensuite.

A part ça, rien n’a changé ou presque. La Potsdamer Platz reste une fourmillière qui grouille de gens pressés, arborant le joli sac bleu nuit donné avec les accréditations. Une seconde de nostalgie en apercevant le sac rouge et vert d’il y a trois ans… Mais pas le temps de rêver, ça s’agite, ça parle toutes les langues du monde, et sous les arcades la foule s’agglutine en espérant choper quelques places.

Tout ça est bien beau mais ne vaut pas les rues animées de Kreuzberg baignées de soleil. Ah Berlin, tu m’as manqué.

Berlinââle, comme disent les snobs

Autant vous prévenir, bientôt je vais vous embêter avec la Berlinale. Ceux qui me connaissent ont déjà entendu mille fois cette histoire et lèvent déjà les yeux au ciel intérieurement… Alors je ferai court.

Il y a au festival de Berlin une section appelée « Perspektive deutsches Kino », consacrée aux jeunes talents du cinéma allemand. Les réalisateurs sont généralement fraîchement diplômés de leur école de cinéma. Les films sont inégaux, mais attachants. Et depuis quelques années, c’est une bande de jeunes français et allemands, recrutés sur concours par l’Ofaj et TV5 Monde, qui désignent le vainqueur et lui remettent le prix « Dialogue en perspective ».

Il y a trois ans, j’ai eu la chance de faire partie de cette bande de jeunes. Quand je dis la chance, c’est parce que c’était une expérience assez folle. Pendant dix jours, le quotidien consiste à voir des films, à en parler, et à donner quelques interviews. J’ai connu plus pénible.

Dix jours durant, ce fut une véritable boulimie cinématographique. Pour nous, jeunes insolents, les places de la Perspektive étaient réservées. Pour les autres films, quelques minuscules formalités dont la simplicité nous laissait ébahis. Roulez, jeunesse! J’ai du voir entre 30 et 40 films en dix jours, des bons et des franchement mauvais. Pourtant, la crainte de m’endormir pendant la première projo de 9h ne s’est jamais concrétisée.

Au terme de ces dix jours assez incroyables, il a fallu quitter Berlin et les autres jurés, pour retrouver son quotidien. Le mien consistait à l’époque à éveiller un quelconque intérêt pour la France et le français dans l’esprit brumeux de boutonneux teutons, bien trop occupés à jouer avec leurs hormones. Et malgré les exclamations pleines d’enthousiasme de ma tutrice – « Oh mais Ariane, tu as là un curieux bracelet autour du poignet! Mais d’où vient-il donc? » – mon récit du festival les a autant passionnés que si je leur avais lu l’annuaire.

Malgré tout ces dix jours restent un grand souvenir. Si grand, que je reprends bientôt la route du festival. Avec une accréditation un peu moins magique cette fois, mais avec l’excitation de voir la ville qui ne vit que pour le cinéma, pendant quelques jours.

Des nouvelles bientôt, ici et sur d’autres supports.

Tchi-tcha

Il est jeune, brun, maigre, ni très beau, ni vraiment laid. Quand ce n’est pas un adolescent vierge, il a une petite trentaine d’années, est passé à côté d’une carrière artistique (ce qui explique son côté doux rêveur), et gagne sa vie en faisant un job inintéressant. Il ne s’entend pas avec sa famille, souvent ses parents sont séparés, il est maladroit et, évidemment, s’éprend d’une fille magnifique et insaisissable.

Ça vous rappelle quelque chose?

Lui, c’est le héros de ces films pseudo-indépendants américains qui pullulent depuis quelques années. Personnellement, j’ai commencé avec Garden State, le film de Zach Braff (également acteur de la série Scrubs). La recette de ce genre de films: de l’humour décalé, de jolies images, une BO sympa, un personnage principal généralement peu connu, le peu de stars du casting étant des stars « cool » (comme Natalie Portman ou Zooey Deschanel). Et puis surtout, un anti-héros touchant (ou pas) qui se pose plein de questions, et se casse la gueule. Comme nous tous, en somme. A la fin du film, pas de happy end ou presque. Le spectateur aurait plutôt envie de se mettre un coup de pied aux fesses, faute d’avoir pu le mettre au héros. Bref, une recette pas très complexe pour un effet d’identification maximal.

Comme Tom, par exemple, qui est en train de se faire plaquer dans les règles de l'art (500 Days of Summer)

A mâle viril du blockbuster hollywoodien, loser maigrichon du cinéma (pseudo-)indépendant? Je ne sais pas si l’on peut réduire ça à une simple équation, mais en voyant se répéter la recette de ce genre de films, je me demande ce qui se passe. Une entreprise mondiale de destruction de virilité du Mâle moderne? Une volonté des trentenaires américains et déprimés de tuer le cinéma de papa, celui de l’Hollywood musclé et impassible?

Pour avoir vu Be bad et (500) Days of Summer à la suite, deux films de la même veine sortis récemment, j’en conclus que les réalisateurs feraient mieux de finir leur analyse tranquillement, au lieu de tuer le père via leurs films. Sans être ratés, ceux-ci n’arrivent jamais à devenir vraiment beaux et profonds. J’en ressors toujours frustrée, parce que le potentiel ne manque pas… Mais l’essai n’est jamais transformé. Ces films font passer un gentil moment, et ne laissent pas de trace. Ça en devient agaçant.

Mais je ne suis pas la seule à m’énerver devant ces nouveaux anti-héros récurrents. La preuve, cette vidéo assez marrante vue sur le site des Inrocks à propos de Michael Cera, l’acteur de Be Bad.