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Max, ou le rêve américain

Je peux maintenant le dire: le rêve américain existe, je l’ai rencontré. Il a même un nom: Max. Max est né en Pologne et y a vécu jusqu’à la fin de ses études de journalisme, il y a 25 ans. A l’époque il n’avait qu’un rêve, celui de vivre aux Etats-Unis. La Pologne était encore communiste, et n’avait rien à lui offrir – ce sont ses mots. En 1985, il est donc parti avec une centaine de dollars en poche, et a atterri à New-York.

Une histoire presque banale, finalement. Mais Max est tout sauf banal. Je ne le connais que depuis deux jours, mais il y a déjà tant à dire que je ne sais pas par où commencer.

Max est donc arrivé sans rien, et l’Amérique lui a tout donné – du moins c’est comme ça qu’il résume son histoire. Depuis des années, il travaille comme correspondant aux Etats-Unis pour la télé polonaise. Autant dire que dans son pays, c’est une vraie star, et j’ai pu le constater en voyant des jeunes polonaises transies lui demander des photo et des autographes. Son histoire, tout le monde la connaît en Pologne puisqu’il en a (forcément) fait un livre, dont le titre est succulent: « Discovering America with Max Kolenko. »

Bref, les polonais l’adorent. Et pourtant, déprécier son pays est le sport favori de Max. Les polonais à ses yeux sont globalement des fainéants, alcoolos, incapables de prendre une initiative parce que trop marqués par le système communiste. Et je le cite quasiment au mot près…

En revanche, l’Amérique c’est définitivement la terre promise. « America gave me everything », c’est le credo de Max, plus américain que les américains eux-mêmes. Ce pays lui a tout donné, et il lui sera redevable à jamais – jusqu’à la caricature s’il le faut. Ce n’est pas sans raison qu’il a acheté le nom de domaine « thanku.com », et ne le vendrait pour rien au monde.

Cet amour se retrouve d’abord lors d’une discussion sur les relations entre l’Europe et les Etats-Unis. Max prend la parole, et c’est un festival: pourquoi l’Europe déteste autant l’Amérique, qui n’a pourtant fait que libérer un pays d’un dictateur? C’est si injuste! Lui-même s’est engagé pour être réserviste « parce qu’il faut soutenir nos soldats », et ne comprend sincèrement pourquoi « everyone hate us ».  Silence consterné chez les journalistes. L’autre polonais serre les dents. L’autre américain regarde ailleurs. Je trépigne sur ma chaise, et admire mon collègue français qui a la patience de lui répondre point par point.

Ce genre de discours se décline dans toutes ses variantes: le mariage homo (« Mais pourquoi ces gens veulent à tout prix prendre nos traditions? I don’ t get it »), la guerre en Irak (« They attacked us! »), la haine d’Obama (« Parce qu’il ne sait rien faire d’autre qu’augmenter nos impôts »), etc. Chez Max, une phrase sur deux commence par « You know, in New-York City… » Et chaque personne rencontrée – un chauffeur de taxi, une serveuse dans un bar – devient un pote, dont il tient à connaître le prénom, l’histoire, et avec qui il se fait prendre en photo. En revanche, en trois jours à Berlin, je ne l’ai jamais entendu demander comment dire bonjour ou merci. « But everyone speaks english here! »

Of course.

Bref, un cliché comme on les aime (ou pas). Tellement énorme, qu’on a même du mal à y croire. Max, lui, croit tellement fort en ce qu’il dit, que je le trouve même touchant. Forcément, il a fallu que j’explose au moins une fois, parce que je ne pouvais pas juste écouter de telles énormités sans réagir. Et puis j’ai pris le parti d’en rire. Et à mon avis, en grattant un peu derrière ce rideau de clichés, il y a certainement de vraies raisons – personnelles, historiques – pour expliquer une telle dévotion, et surtout un tel manque de sens critique.

Finalement, ce qui m’a le plus choqué chez Max, c’est qu’il soit journaliste.

Malaise

La semaine dernière, je prends le RER de 16h41. Pour aller m’asseoir, je traverse un groupe de jeunes, hilares. L’une d’entre eux raconte aux autres une histoire qui semble tous les faire rire. Je m’asseois derrière eux, sors mon livre, et les oublie.

Jusqu’à ce que leur conversation retienne mon attention. « Attend, c’est de sa faute aussi, elle est bête. Elle demande ça comme ça, devant toute la classe. »

Je l’avoue, j’aime bien épier les conversations de jeunes profs. J’en capte régulièrement quand je prends le Rer pour Paris le soir, et c’est souvent très intéressant – et révélateur des problèmes de l’école aujourd’hui. Je fais donc tranquillement semblant de lire mon livre, et écoute l’histoire de cette jeune prof qui fait tant rire ses collègues.

– « Alors moi sur le moment j’lui dit ‘ben non, tu attendras la fin de l’heure, tu peux bien attendre dix minutes’. Et elle, ben elle fait la gueule tu vois.

– Et qu’est-ce qui s’est passé du coup?

– Ben à la fin de l’heure, elle se lève, elle vient vers moi et elle me dit « Ah ben merci madame, grâce à vous j’ai fait sur moi. » [Hilarité générale]

– Et tu lui as dit quoi?

– Ben rien. Elle est partie direct. J’ai même pas eu le temps de voir si elle avait vraiment fait sur elle, du coup! [Hilarité générale, bis] Nan mais j’te jure, elle est vraiment trop bête celle-là. C’est pas la première fois que je le remarque, mais là, sérieux quoi. »

La fille jubile, ses collègues sont morts de rire. Je lève les yeux: mon voisin d’en face les regarde. Il est effaré.

Oui, c’était une blague. Mais une blague agaçante.

Contrôleur: – Billets et carte de réduction, s’il vous plaît. (…)  Votre photo est mal collée sur la carte 12_25. Il faut la formater.

Moi: – Je sais, je viens de la mettre et là je n’ai pas de ciseaux sur moi.

Contrôleur: – Ah ouais, les filles font plus de couture maintenant? (il ricane)

Moi: – Non, elles font des études. Et GRAND BIEN LEUR FASSE.

47 XYY

Sylvaine m’en a fait baver. Par son flot de paroles continu, ses digressions, sa difficulté à synthétiser, à répondre directement à mes questions. Mais quel courage! Le courage de raconter au micro les pires moments de sa vie, les plus intimes, les plus cauchemardesques – les plus heureux aussi. Remuer le passé, et tant pis s’il faut en pleurer.

Cette rencontre est devenue un petit documentaire, « 47 XYY » que France Culture publie sur son site Internet parmi plein d’autres créations, toutes excellentes d’ailleurs.

On peut l’écouter ici.

(à l’édition, 47 XYY est devenu 47 XXY… ce n’est pas de mon fait et j’essaie de faire corriger ça bien vite.)

(Honte à moi: dans les remerciements j’ai oublié Xavier Delcourt, qui a prêté sa voix, ainsi que Guillaume, Régis et Marc, qui ont bien voulu lire les petites annonces. Merci à eux!!)

24 heures dans la vi(ll)e de Sevran

Parfois, ça a du bon de fouiller dans ses archives: il y a un an, j’ai eu envie de voir à quoi ressemblait le boulot quotidien du maire de ma ville. Voilà comment j’ai pu coller aux basques de Stéphane Gatignon, maire de Sevran, pendant une journée. C’était deux semaines après l’incendie des Beaudottes, et quelques semaines avant que Gatignon quitte officiellement le PC pour Europe Ecologie.


9h10. A peine le temps de lui rappeler ma présence, il court déjà dans tous les sens. Stéphane Gatignon, maire (PC) de Sevran, sort du bureau de Bruno Dumond, son attaché de presse. Une dépêche de l’AFP vient de tomber à propos de l’incendie qui a fait cinq victimes à Sevran 15 jours plus tôt. Les premiers résultats de l’enquête montrent que l’incendie serait d’origine criminelle. L’hypothèse était quasi acquise depuis le début pour tout le monde. Une semaine auparavant, un émouvant hommage aux victimes a réuni plus de 500 personnes dans la salle des fêtes. Le maire, très ému, avait souligné l’absence de représentants de l’Etat, pourtant invités. «On a dû gérer toute l’urgence seuls, en plein mois d’août, on s’est senti un peu abandonnés », explique-t-il. Pas le temps d’en discuter plus longtemps: le maire a rendez-vous avec un promoteur immobilier et deux élus à propos d’une construction. Je n’ai pas le droit d’y assister. Qu’à cela ne tienne, je m’installe près de sa secrétaire, qui travaille avec lui depuis le début de son premier mandat en 2001. Elle soupire: « J’avais trois parapheurs à lui faire signer… » Trop tard, le rendez-vous a commencé. « Stéphane c’est un peu bip-bip dans bip-bip et coyote », dit-elle en souriant.

10h. Fin du premier rendez-vous, l’élu sort de son bureau. « Ca va être dur aujourd’hui. Je suis fatigué… ». Grand blond aux yeux bleus, le sourire facile, il a ce matin le visage fermé. Debout, il boit un café en silence et jette un regard sur l’Equipe, premier journal qu’il ouvre le matin. Coïncidence ou non, l’élu aux sports frappe à sa porte: ce soir commence l’international à pétanque sevranais qui dure tout le week-end, il vient faire le point sur l’arrivée des équipes. La présence du maire est indispensable pour l’ouverture, mais chaque année il compte aussi parmi les inscrits du premier tour. La journée s’annonce longue.
Deux élus entrent dans son bureau. L’un d’eux est chargé de la rénovation urbaine. Autrefois la tâche de tout le monde et personne à la fois, c’est devenu la colonne vertébrale de la politique de Gatignon. Une façon de lutter contre la ghettoïsation de la ville: en 30 ans, Sevran a été défigurée par la construction de cités, rapidement désertées par les classes moyennes, les commerces et autres services de proximité. Aujourd’hui, ces quartiers situés au Nord de la ville renferment tout ce que la banlieue produit comme clichés: entre violence et trafics, la vie y est particulièrement dure.


De nouveau, le rendez-vous est confidentiel. Petit à petit, chacun rentre de vacances et les réunions pour préparer la rentrée s’enchaînent. Elles se prolongent souvent, obligeant les prochains visiteurs à faire la queue dans le bureau de la secrétaire. En voyant Gatignon ouvrir la porte,  faire sortir ses collaborateurs pour en faire entrer de nouveaux, j’ai l’impression d’être assise dans la salle d’attente d’un médecin. Quelqu’un dont on attend tout – un rendez-vous, un appartement, du travail, et dont le rôle rappelle souvent celui d’un assistant social.

Entre deux allées et venues, je me glisse dans le bureau si convoité. Au mur, « J’accuse ! » côtoie un maillot dédicacé du PSG, dont Gatignon est un supporteur acharné depuis toujours. Dans la bibliothèque, les oeuvres complètes de Lénine et des ouvrages sur la banlieue. Sur le bureau, deux paquets d’oursons au chocolat offerts pour ses 40 ans.
Il relit en silence un courrier adressé à Jean-Paul Huchon, président de région et du Stif (Syndicat des transports d’île de france). Trois jours plus tôt, a eu lieu un incident de plus sur la ligne B du RER. Un train n’a pas pu s’arrêter correctement à Sevran: les deux derniers wagons donnaient sur la voie: « Du coup, des gens ont du sauter directement sur les voies pour sortir du train… absurde, et surtout dangereux »  explique le maire, ancien président de l’association des maires des villes de la ligne B du RER. Sevran et le Rer, une histoire mouvementée. La ligne B, qui assure la liaison avec Paris, est dans un triste état. Tous les jours, retards et incidents dus à des équipements en fin de vie gâchent le quotidien des usagers. Certains d’entre eux, fatigués de se sentir pénalisés, ont même fini par créer un comité pour défendre leurs droits. Sans avancée visible pour le moment.

« Un élu national de banlieue »

11h30. Bruno Dumond repasse: faut-il communiquer après la dépêche et le communiqué du parquet à propos de l’incendie? « On n’a pas plus d’infos. Mieux vaut attendre lundi… » estime-t-il. Le téléphone du maire sonne pour la 10ème fois depuis ce matin, j’en profite pour parler avec Bruno Dumond de sa stratégie de communication, décisive pour la ville. « On choisit clairement de communiquer à outrance. Ca nous permet de dénoncer certaines choses, et de faire pression sur l’Etat via les medias, explique-t-il. Sevran est une ville pauvre. En parler, dénoncer cette situation nous a permis obtenir des subventions exceptionnelles dans le passé. » Mais cette stratégie a aussi des conséquences: « Trop souvent notre communication est une communication d’urgence, liée aux faits divers. Cela oblige à avoir une autre communication – politique, par exemple: en donnant la position du maire sur des questions nationales, on offre une vision plus large. Depuis 2005, Gatignon est devenu un « élu national de banlieue. » Il s’exprime régulièrement sur des sujets nationaux, mais souvent à travers le prisme de la ville.»
D’où sa suggestion de communiquer sur la question des élections primaires à gauche. Mais comment?  Un débat s’improvise avec Michel Yvernat, directeur de communication, qui propose de réagir à l’université d’été du Parti socialiste à la Rochelle. « La Rochelle, on s’en fout! » s’exclame Gatignon. « Ce qu’il faut dire, c’est que les socialistes peuvent ne pas gagner les primaires. C’est ça qui nous intéresse. Il faut rester sur le fond. »

Le fond, justement. Maire d’une ville de plus de 50 000 habitants, en couple et père de deux enfants, l’intéressé a bien du mal à travailler dessus. « Il n’y a pas longtemps j’ai écrit quelques phrases en faisant la queue à la caisse d’Ikea… » explique-t-il en souriant. Il en écrira quelques autres en déjeunant chez lui, rapidement. Il est 13h30, et la mairie est vide.

14h30. De loin, on entend sa voix. Une erreur a été commise dans l’attribution d’une subvention à une association  pour le ramadan. Une autre s’est glissée dans la plaquette sur les associations sportives de la ville. Le ton monte. Gatignon est exaspéré, et a tout juste le temps de passer quelques coups de fil pour le faire savoir.
Entre temps, la grippe A s’est invitée dans la journée chargée du premier élu. Les affiches et tracts gouvernementaux sont arrivés, ils seront envoyés à chaque enseignant avec un courrier. Pour Gatignon, il faut faire plus. Il décide de consacrer la dernière page du journal municipal aux consignes officielles contre la grippe A. « Ca va casser toute la mise en page, le rédac’ chef ne va pas être content… » prévient son directeur de la communication. L’argument n’a pas l’air d’atteindre le maire. En aparté, il confie être plutôt serein à propos de la grippe. « On avait un peu anticipé lors des menaces de grippe aviaire. Là, en plus des consignes officielles, on a mis en place des ateliers santé, sorte de campagnes menées avec les médecins de la ville et des associations locales dans les quartiers. Du coup, on est plutôt bien préparés. »

Il est déjà 15h, et le prochain rendez-vous a lieu avec le commissaire et le commandant de police. Réunion confidentielle, sur les suites de l’incendie, « mais pas seulement » apprendrai-je. La veille au soir, un contrôle d’identité a mal tourné dans le quartier de Rougemont. Des jeunes ont passé leur colère sur le gymnase Jesse-Owens, qui a été dégradé. Il leur explique les dernières informations dans le couloir.
Le couloir. Lieu de passage des élus et des visiteurs anonymes qu’il reçoit individuellement le samedi. Long chemin obscur et sonore, obligatoire pour atteindre le bureau du maire. Lieu de discussion, aussi. « Pas très discret quand on y pense », concède un adjoint en souriant. Avec un maire qui ne tient pas en place, beaucoup de problèmes se discutent et se règlent aux yeux et oreilles de tous. La secrétaire du maire l’a déjà constaté: « Cette mairie n’est pas du tout adaptée à une ville de presque 55 000 habitants ». Et pour cause: le bâtiment, un préfabriqué construit dans les années 70, ne devait être que provisoire. Faute de moyens, il est resté en l’état.

16h30. Fin de semaine, la mairie se vide peu à peu. A la sortie du rendez-vous, Gatignon s’écroule, fatigué, dans le fauteuil de sa secrétaire, partie fumer une cigarette. « Et encore, aujourd’hui c’est une journée plutôt cool… », me glisse-t-il. Aujourd’hui, ni imprévus ni catastrophe n’obligent le maire et ses adjoints à faire face à l’urgence. A moi, sevranaise agacée de n’entendre parler de la ville que par ses faits divers, Bruno Dumond explique: « C’est vrai, il se passe plein d’autre choses dont on parle trop peu. Mais notre boulot quotidien consiste entre autre à faire le matin le bilan des incidents qui se sont produits dans la nuit ». Il me regarde, l’air de dire: « C’est désolant, mais c’est comme ça. »

Le directeur de la communication entre dans le bureau de Gatignon. Ensemble, avec le premier adjoint, ils travaillent sur un texte politique. Mais difficile de se concentrer lorsque le blackberry sonne en permanence… Que va devenir ce texte, une fois terminé? « On espère faire signer une quarantaine de personnes et le distribuer en 20 000 exemplaires à la fête de l’humanité » explique l’élu, qui s’interrompt. « Au fait, vous avez lu ce bouquin? ». « Johnny chien méchant » (Emmanuel Dongala, Serpent à plumes), raconte la vie de deux jeunes africains confrontés à la guerre au Congo. « Un livre qui éclaire sur l’Afrique. Extraordinaire! », s’exclame Gatignon.

18h20. Le texte est revu et corrigé. La mairie se vide, et le maire rentre chez lui, le temps d’enfiler une tenue plus détendue. La journée n’est pas finie: dans une demi-heure, il assiste à l’ouverture de l’international à pétanque. Ce soir, les personnalités et les équipes nationales sont présentes. Dans la foule, des visages vaguement familiers : acteurs de séries oubliées, comiques en fin de carrière, ex-candidats d’émissions de télé-réalité… Applaudis par le public, leur présence est importante pour la ville, qui peut ainsi se targuer d’avoir des « VIP » dans le tournoi. Certains y participent depuis des années, par plaisir mais aussi pour tenter de conserver un semblant de renommée. « Les évènements festifs existent aussi à Sevran et c’est toujours bon d’y prendre part » avoue le maire au micro. Il rappelle qu’au même endroit a eu lieu une semaine auparavant la cérémonie en l’honneur des victimes de l’incendie. Une minute de silence est observée, puis le buffet s’ouvre.

Mais pas le temps de manger pour le premier élu, dont la première mission est de serrer des mains. Une assiette de salade à peine engloutie, il part déjà avec ses boules de pétanque sous le bras. Traditionnellement, le maire participe toujours au tournoi. « Ben quoi, tu viens pas assister au match? » me lance-t-il en riant. Je le laisse s’éloigner vers le terrain de pétanque. Pour moi, la journée est finie. Pour lui, elle se prolongera jusqu’à tard dans la nuit.

Mes amis sont formidables.

Bravo à Chris et Florian, respectivement réalisateur et producteur de ce très joli clip

Y’a du boulot.

Sortie de Rock en Seine, direction le métro. Un américain passe près de moi: « You wanna go to a party? » Moi: « Heu no, thanks. » J’ai d’autres plans, tout ça. Lui: « Oh, I see it in your eyes, you want to go this party, come on! » Ah ouais, tu lis dans mes yeux maintenant? « No, really. Thanks » Il secoue la tête, et s’éloigne.

Le lendemain, dans le métro, je raconte la scène à un ami. Lui, cynique: « Ah, c’est bon d’être un homme pour pouvoir dire n’importe quoi pour brancher une nana dans la rue. » Moi, le défi dans la voix: « Ah, parce que tu crois qu’une femme peut pas le faire? » Lui, très sérieux: « Ariane, c’est malheureux mais une femme qui fait ça passe tout de suite pour une s****e. »

Je cherche un moyen de le contredire – il y en a forcément. La seule réponse qui me vient à l’esprit: « Ah ouais. En fait, ouais. »

Pardon, Simone.

(A part ça, Rock en Seine le samedi c’était très cool.)