Tchi-tcha

Il est jeune, brun, maigre, ni très beau, ni vraiment laid. Quand ce n’est pas un adolescent vierge, il a une petite trentaine d’années, est passé à côté d’une carrière artistique (ce qui explique son côté doux rêveur), et gagne sa vie en faisant un job inintéressant. Il ne s’entend pas avec sa famille, souvent ses parents sont séparés, il est maladroit et, évidemment, s’éprend d’une fille magnifique et insaisissable.

Ça vous rappelle quelque chose?

Lui, c’est le héros de ces films pseudo-indépendants américains qui pullulent depuis quelques années. Personnellement, j’ai commencé avec Garden State, le film de Zach Braff (également acteur de la série Scrubs). La recette de ce genre de films: de l’humour décalé, de jolies images, une BO sympa, un personnage principal généralement peu connu, le peu de stars du casting étant des stars « cool » (comme Natalie Portman ou Zooey Deschanel). Et puis surtout, un anti-héros touchant (ou pas) qui se pose plein de questions, et se casse la gueule. Comme nous tous, en somme. A la fin du film, pas de happy end ou presque. Le spectateur aurait plutôt envie de se mettre un coup de pied aux fesses, faute d’avoir pu le mettre au héros. Bref, une recette pas très complexe pour un effet d’identification maximal.

Comme Tom, par exemple, qui est en train de se faire plaquer dans les règles de l'art (500 Days of Summer)

A mâle viril du blockbuster hollywoodien, loser maigrichon du cinéma (pseudo-)indépendant? Je ne sais pas si l’on peut réduire ça à une simple équation, mais en voyant se répéter la recette de ce genre de films, je me demande ce qui se passe. Une entreprise mondiale de destruction de virilité du Mâle moderne? Une volonté des trentenaires américains et déprimés de tuer le cinéma de papa, celui de l’Hollywood musclé et impassible?

Pour avoir vu Be bad et (500) Days of Summer à la suite, deux films de la même veine sortis récemment, j’en conclus que les réalisateurs feraient mieux de finir leur analyse tranquillement, au lieu de tuer le père via leurs films. Sans être ratés, ceux-ci n’arrivent jamais à devenir vraiment beaux et profonds. J’en ressors toujours frustrée, parce que le potentiel ne manque pas… Mais l’essai n’est jamais transformé. Ces films font passer un gentil moment, et ne laissent pas de trace. Ça en devient agaçant.

Mais je ne suis pas la seule à m’énerver devant ces nouveaux anti-héros récurrents. La preuve, cette vidéo assez marrante vue sur le site des Inrocks à propos de Michael Cera, l’acteur de Be Bad.

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